Le compteur des 8 ans démarre à l’ouverture
C’est la caractéristique la plus mal exploitée de l’assurance vie : l’antériorité fiscale se compte à partir de la date d’ouverture du contrat, indépendamment des sommes qui s’y trouvent. Ouvrir un contrat aujourd’hui avec le versement minimum, sans intention de l’alimenter tout de suite, avance mécaniquement la date à laquelle l’abattement deviendra disponible.
C’est pour cette raison que les huit ans ne sont pas une durée de blocage. L’argent reste disponible à tout moment, avec ou sans avantage fiscal : la seule chose que la date d’ouverture détermine, c’est le régime applicable aux gains le jour où vous retirez.
La fiscalité, retrait par retrait
Un retrait n’est jamais imposé en totalité : seule la part de gains contenue dans le retrait l’est, au prorata. Retirer 10 000 € d’un contrat qui a produit 10 % de plus-value revient à retirer environ 9 100 € de capital et 900 € de gains ; la fiscalité porte sur ces 900 €.
Après huit ans, ces gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune ; au-delà, le taux d’imposition est de 7,5 % pour les versements concernés. Avant huit ans, le prélèvement forfaitaire unique de 30 % s’applique par défaut. Dans tous les cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur les gains positifs.
Fonds euros et unités de compte
Un contrat d’assurance vie est un conteneur, pas un placement. Ce qu’il rapporte dépend entièrement des supports choisis à l’intérieur : le fonds en euros, dont le capital est garanti par l’assureur et dont le rendement est annoncé chaque année, et les unités de compte (ETF, fonds actions, SCPI, obligataire) dont la valeur fluctue et qui n’offrent aucune garantie en capital.
C’est ce qui rend impossible d’annoncer « le rendement de l’assurance vie » : il n’y en a pas un seul. Dans le simulateur, ce rendement est une hypothèse que vous fixez, en cohérence avec la répartition de supports que vous comptez retenir.
Son rôle dans une répartition
Dans la logique de remplissage du simulateur, l’assurance vie occupe deux positions distinctes. Elle est d’abord le débordement automatique de la poche de liquidité : une fois les livrets réglementés à leur plafond, l’argent destiné à rester disponible n’a plus d’autre enveloppe non risquée où aller. Elle est ensuite le relais du PEA sur la partie croissance, une fois les 150 000 € de versements du plan atteints, un cas plus rare que le simulateur traite quand même.
Sa souplesse a une contrepartie que les livrets n’ont pas : des frais. Frais sur versement selon les contrats, frais de gestion annuels sur l’encours, frais propres aux unités de compte. Sur un horizon long, ils entament le rendement de façon comparable aux frais d’un courtier PEA.